0 € AU DÉPARTLIVRÉ SOUS 24 H EN ÎLE-DE-FRANCECOMPTEUR ARRÊTÉ À VOTRE SIGNALRAPPORT PDF ASSURANCE7 J/7, MÊME LE DIMANCHE0 € AU DÉPARTLIVRÉ SOUS 24 H EN ÎLE-DE-FRANCECOMPTEUR ARRÊTÉ À VOTRE SIGNALRAPPORT PDF ASSURANCE7 J/7, MÊME LE DIMANCHE
Guide dégât des eaux · Technique

Séchage incomplet : les moisissures qui apparaissent des mois plus tard.

Des moisissures qui apparaissent trois ou six mois après un dégât des eaux signalent presque toujours la même chose : le séchage a été arrêté alors que le cœur des matériaux contenait encore de l'eau. La surface, elle, était parfaitement sèche — c'est ce qui rend l'erreur si facile à commettre et si coûteuse à rattraper. Le seul moyen de l'éviter est de décider la fin du séchage sur des relevés d'humidité du matériau, jamais sur l'aspect d'un mur ni sur un nombre de jours écoulés.

La chronologie d'un séchage arrêté trop tôt.

Jours 1 à 3 : l'eau visible disparaît. Le sol est essuyé, les traces au mur s'estompent, l'impression de retour à la normale s'installe. C'est le moment où l'on est le plus tenté d'arrêter, et c'est aussi celui où le matériau contient encore l'essentiel de l'eau qu'il a absorbée.

Semaines 1 à 3 : la surface finit de sécher, le cœur non. Un enduit ou une plaque de plâtre sèche de l'extérieur vers l'intérieur ; il se crée un gradient, sec dehors, humide dedans. À ce stade, un mur peut être sec au toucher sur toute sa hauteur et contenir encore plusieurs litres d'eau.

Mois 1 à 3 : l'odeur arrive avant la tache. Une odeur de renfermé qui revient chaque fois que la pièce est restée fermée, plus marquée le matin ou derrière un meuble, est le premier signal. Elle précède souvent de plusieurs semaines la première marque visible.

Mois 3 à 6 : le désordre devient visible. Auréole qui réapparaît au même endroit, peinture qui cloque en bas de mur, plinthe qui se décolle, points noirs dans un angle nord, parquet qui tuile. Le chantier est refermé depuis longtemps, et plus personne ne fait le lien avec le sinistre initial — c'est précisément ce qui rend le dossier difficile à défendre.

Pourquoi l'œil et le toucher se trompent systématiquement.

Un matériau ne sèche pas uniformément. L'eau doit migrer depuis le cœur vers la surface avant de pouvoir s'évaporer, et cette migration est lente. Tant qu'elle dure, la surface est en permanence renouvelée en air sec par la pièce : elle paraît sèche pendant que le fond ne l'est pas.

S'ajoute un effet de rebond mal connu. Quand on arrête le séchage forcé, l'humidité profonde continue de remonter vers la surface, mais elle n'est plus évacuée. Le taux de surface remonte donc dans les jours qui suivent l'arrêt — un mur mesuré correct le jour où l'on rend la machine peut être nettement plus humide une semaine plus tard.

Enfin, tout ce qui referme aggrave le phénomène. Une peinture, un doublage remonté, une plinthe reposée forment une barrière relativement étanche. L'eau qui reste derrière n'a plus de chemin vers l'air de la pièce ; elle stagne à température ambiante, et c'est exactement le milieu dans lequel les moisissures se développent.

C'est pour cette raison qu'un hygromètre seul ne suffit pas. Il mesure l'air de la pièce, qui peut être parfaitement sain pendant qu'une cloison reste gorgée d'eau à trois centimètres de profondeur.

Les cinq endroits où cela se produit presque toujours.

Le bas des cloisons et derrière les plinthes. L'eau descend et s'accumule au point le plus bas : une cloison peut être sèche à hauteur d'homme et encore saturée sur ses vingt derniers centimètres. C'est le premier endroit à mesurer, et le dernier à sécher.

Sous une chape flottante ou sous un parquet. L'eau passée entre la chape et l'isolant, ou sous les lames, se trouve dans un volume fermé que rien ne ventile. Rien n'est visible en surface pendant des mois, jusqu'à ce qu'une odeur apparaisse ou qu'une lame se soulève.

Derrière un doublage isolé par l'intérieur. Très fréquent dans les logements réhabilités : l'eau se loge entre le mur porteur et la plaque, dans l'isolant. L'air n'y circule pas, et la seule façon de savoir est d'y accéder.

Dans le remplissage d'un plancher à solives. Dans les immeubles anciens, entre les solives, un mélange de plâtre et de gravats retient l'eau très longtemps. Le parquet au-dessus paraît sec bien avant que ce volume ne le soit.

Enfin, derrière un meuble plaqué contre un mur froid. Pas de circulation d'air, une paroi plus froide que le reste de la pièce, et un point de condensation permanent. C'est souvent là que la première tache est découverte, plusieurs mois après.

Ce qu'on peut encore faire quand c'est déjà là.

Ne pas repeindre par-dessus. C'est le réflexe le plus courant et le plus contre-productif : la tache disparaît quelques semaines puis revient, et la couche supplémentaire rend le support encore moins perméable. Tant que l'eau n'est pas sortie, le problème reste entier.

Mesurer avant de décider quoi que ce soit. Un humidimètre à broches sur la zone concernée et sur un point témoin sain donne en quelques minutes l'information déterminante : s'agit-il d'un reliquat d'humidité du sinistre, ou d'une cause active et actuelle — une fuite qui n'a jamais été réparée, une infiltration, de la condensation ? Les deux ne se traitent pas de la même façon.

Ouvrir ce qui doit l'être. Déposer une plinthe, une lame, un bas de doublage n'est pas une aggravation : c'est ce qui donne à l'air un chemin vers l'eau. Un séchage forcé sur un volume rouvert progresse, là où le même appareil devant une paroi fermée tournerait des semaines pour rien.

Distinguer sécher et assainir. Le séchage arrête la progression et supprime la condition qui permet aux moisissures de se développer ; il ne nettoie pas les surfaces déjà atteintes ni ne les désinfecte. Le traitement des surfaces est une étape distincte, à confier à une entreprise spécialisée quand les zones sont étendues.

Sur le volet sanitaire, nous en restons à ce que nous constatons : une humidité persistante dégrade les matériaux, entretient les odeurs et altère la qualité de l'air intérieur. Pour tout ce qui concerne la santé des occupants, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services compétents — ce n'est pas notre domaine et nous ne nous y aventurerons pas.

Un désordre qui apparaît des mois après : que dire à l'assurance.

La question qui se pose est celle du rattachement : le désordre découvert aujourd'hui est-il la conséquence du sinistre déclaré il y a six mois, ou un fait nouveau ? La réponse dépend de votre contrat, des constatations qui pourront être faites et, en pratique, de ce que vous êtes en mesure de démontrer.

C'est précisément là que les traces prises au moment du sinistre valent quelque chose. Des relevés d'humidité datés, référencés à un point témoin, montrant que le séchage n'avait pas atteint le niveau du témoin au moment de l'arrêt, forment un élément matériel qu'on ne peut pas reconstituer après coup. À l'inverse, une remise en état sans aucune mesure ne laisse rien à opposer.

Si vous êtes dans cette situation, signalez le désordre à votre assureur sans attendre, en le rattachant explicitement au sinistre initial et en joignant tout ce que vous avez conservé : déclaration d'origine, photos, factures, constat. Ce que votre contrat permet ensuite, c'est votre assureur qui le déterminera.

Et pour la suite, la leçon est simple à retenir : le coût d'un kit de mesure et de quelques jours de location supplémentaires est sans commune mesure avec celui d'une reprise complète six mois plus tard.

Si les relevés montrent qu'il reste de l'eau, un séchage forcé reste possible longtemps après le sinistre — à condition d'ouvrir ce qui a été refermé.

Relancer un séchage, avec des mesures cette fois

Information générale à jour de nos constats de terrain, sans valeur d'engagement ni de conseil juridique. Les règles applicables, les délais et l'étendue de la prise en charge dépendent de votre contrat d'assurance et de la situation précise. En cas de doute, référez-vous à vos conditions générales et particulières, ou rapprochez-vous de votre assureur.

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